Le portage salarial permet à un consultant en portage ou à un travailleur indépendant de bénéficier de l’allocation chômage, sous certaines conditions. Ce statut, qui combine autonomie et sécurité sociale, peut ouvrir des droits chômage, à condition de respecter les critères d’éligibilité définis par l’assurance chômage et Pôle emploi. Cet article détaille tout ce qu’il faut savoir sur l’indemnisation chômage en portage salarial, du calcul des indemnités aux démarches administratives.
Le portage salarial repose sur une relation tripartite entre le consultant en portage, la société de portage et les entreprises clientes. Le salarié porté signe un contrat de travail avec la société de portage, ce qui lui permet de bénéficier des mêmes droits sociaux qu’un salarié classique, notamment l’assurance chômage.
En ayant un contrat de travail en portage salarial, le consultant porté perçoit un salaire brut basé sur le montant des missions qu’il réalise. Une partie de ce salaire brut est soumise aux cotisations sociales, incluant la contribution à l’assurance chômage. Ainsi, en cas de perte d’activité, il peut prétendre aux allocations chômage, sous réserve de remplir les conditions d’éligibilité.
Pour qu’un demandeur d’emploi en portage salarial puisse bénéficier des allocations chômage, il doit respecter plusieurs critères :
Le droit au chômage des salariés portés est encadré par plusieurs textes officiels :
Ainsi, un consultant en portage salarial peut bénéficier du chômage s’il remplit ces critères et suit les démarches administratives requises.
Le Salaire Journalier de Référence (SJR) est la base du calcul des indemnités chômage. Il correspond à la moyenne des salaires bruts perçus au cours des 12 derniers mois, divisée par le nombre de jours travaillés.
La formule est la suivante :
SJR = Salaire brut des 12 derniers mois / Nombre de jours travaillés sur la période
Par exemple, si un consultant en portage salarial a gagné 36 000 € brut sur 12 mois en ayant travaillé 220 jours, son SJR sera de :
36000 / 220 = 163,63€
L’Allocation d’Aide au Retour à l’Emploi (ARE) est calculée à partir du SJR selon les règles suivantes :
Dans notre exemple précédent :
(163,63×40,4%) + 12,47 = 78,66€
Si ce montant est supérieur à 57 % du SJR, alors l’ARE journalière sera de 93,27 € par jour.
Prenons un consultant en portage salarial ayant perçu un salaire brut mensuel de 3 000 € sur 12 mois.
Ainsi, un consultant en portage salarial peut toucher près de 2 800 € d’indemnités chômage en fonction de son ancien salaire.
Il est possible de cumuler des revenus d’activité en portage salarial avec les allocations chômage, sous certaines conditions. Ce dispositif permet aux demandeurs d’emploi de reprendre une activité en portage salarial tout en continuant à percevoir une partie de leur indemnisation chômage.
Les règles de cumul ARE et portage salarial reposent sur deux principes :
Si le consultant en portage salarial dépasse son ancien salaire brut, alors ses allocations chômage sont suspendues pour le mois concerné. En revanche, il conserve son droit au chômage et peut les récupérer si ses revenus diminuent.
Exemple :
Si son revenu brut atteint 3 000 €, alors Pôle emploi suspend le versement des allocations chômage.
La durée d’indemnisation reste la même, mais les mois où l’allocation chômage est réduite ou suspendue ne sont pas perdus. Les droits restants sont reportés et peuvent être utilisés plus tard.
Ainsi, un consultant en portage salarial qui réduit son ARE chaque mois peut prolonger son droit chômage bien au-delà de la durée d’indemnisation initiale.
Pour bénéficier de l’indemnisation chômage, le salarié porté doit fournir une attestation employeur délivrée par la société de portage salarial. Ce document est obligatoire pour l’inscription à Pôle emploi et l’ouverture des droits chômage.
Cette attestation employeur mentionne :
Sans ce document, Pôle emploi peut refuser le versement des allocations chômage.
Chaque mois, le salarié porté doit déclarer ses revenus d’activité via l’actualisation Pôle emploi. Il doit indiquer :
Toute erreur ou omission peut entraîner une suspension des allocations chômage ou un trop-perçu à rembourser.
Si Pôle emploi refuse le versement des allocations chômage, il est possible de :
Un demandeur d’emploi en portage salarial doit donc être vigilant et bien préparer ses démarches administratives pour éviter les mauvaises surprises.
Le portage salarial présente plusieurs atouts pour les demandeurs d’emploi souhaitant bénéficier de l’allocation chômage tout en exerçant une activité professionnelle :
Malgré ses avantages, le portage salarial comporte aussi des limites en matière de droit chômage :
Ainsi, même si le portage salarial offre une sécurité sociale, il demande une bonne gestion administrative pour optimiser ses droits chômage.
Le portage salarial est une solution intéressante pour combiner autonomie professionnelle et sécurité de l’assurance chômage. Toutefois, pour optimiser ses droits chômage, un consultant en portage salarial doit anticiper plusieurs aspects :
En maîtrisant ces éléments, un salarié porté peut bénéficier pleinement des avantages du portage salarial tout en sécurisant son revenu mensuel.
Montant facturé | |
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Frais de gestion | |
Salaire brut | |
Charges patronales | |
Charges salariales | |
Charges salariales |